Les transports
Pour le Renouveau Sherbrookois, les transports sont un domaine où une approche de développement durable s’impose. Avec des orientations responsables en matière de transports, une ville peut favoriser à la fois le développement économique, la justice sociale (par l’accessibilité pour tous) et la protection de l'environnement. Évidemment, pour ce faire, une ville doit prioriser les transports collectifs ou actifs.
Historiquement, à l’instar de nombreuses villes nord-américaines, la Ville de Sherbrooke a plutôt mis l'accent sur le développement du réseau routier et donc, sur l'automobile au détriment des autres moyens de transport. Pensons simplement à la configuration des boulevards de Portland et de l'Université dont aucune des voies multiples ne priorise les autobus ou les vélos alors que le Carrefour de l'Estrie et l'Université de Sherbrooke sont des générateurs d’achalandage. Mise à part le programme d'accès libre pour certains étudiants et certaines étudiantes, les actions novatrices pour favoriser l’utilisation du transport collectif n’a pas été l’apanage de l'administration municipale. Bien sûr, la société de transport de Sherbrooke a aménagé de nouveaux terminus (Centre-ville, CEGEP, Carrefour de l’Estrie.), mais le service aux usagers et usagères n'est pas toujours à la hauteur.
Au chapitre du vélo, la ville a choisi de favoriser un réseau de type « récréatif » et ce à partir du début des années 1990. Elle n’a investi que de faibles montants dans ce réseau année après année. Plus récemment, des voies réservées ont été aménagées sur la rue King ouest. Leur existence a été moindre que la durée de vie du marquage sur la chaussée, soit environ deux (2) mois. En général, le sentiment est qu'il y a beaucoup de mollesse de la part des décideurs et décideuses et un manque de communication avec les citoyens et citoyennes afin d’appuyer les actions entreprises. Le Conseil municipal a été bien plus agressif pour prolonger de plus de trois (3) kilomètres le réseau routier vers le plateau Saint-Joseph, concrétisant très clairement l’étalement urbain. La ville devra être cependant attentive au développement futur et aux opportunités d’amélioration de son réseau.
En ce qui a trait à la gestion du transport lourd (camionnage), la Ville de Sherbrooke fait face à une situation complexe. Tout comme pour la majorité des villes d’importance au Québec, les règles de mise en place et de transformation du réseau de trafic lourd sont gérées par le ministère des Transports du Québec. La desserte des secteurs industriels et commerciaux actuels est liée à l’urbanisation existante.
Par ailleurs, trop peu d'attention est accordée par les autorités municipales à certains moyens de transports. Par exemple, la Ville de Sherbrooke est propriétaire de l’aéroport de Sherbrooke et ce depuis la fin des années 1990. Par son positionnement et ses infrastructures, il pourrait devenir un aéroport régional important. Son développement et sa mise en valeur ne sont pas des priorités pour le conseil municipal. Enfin, il existe un manque de leadership régional dans le dossier du transport ferroviaire, ce qui est inquiétant considérant que le train est un moyen de transport d'avenir.
Au final, les choix en matière de transports ne privilégient pas suffisamment les transports collectifs ou actifs. Les pistes d’actions qui s’inscrivent dans la tendance environnementale sont négligées. Les orientations municipales favorisent peu le développement social et économique et accentuent la pollution. Voilà pourquoi le Renouveau Sherbrookois entend prioriser les transports collectifs ou actifs et accorder toute l'attention nécessaire à la combinaison transport-qualité de vie.
Ainsi, le Renouveau Sherbrookois s’engage à :
- 9.1 Fixer des objectifs en matière de réduction de la circulation automobile. Pour atteindre des objectifs il faut d'abord les fixer. Le Renouveau Sherbrookois compte le faire en collaboration avec la population. Plus précisément, nous comptons proposer un objectif de réduction annuelle minimale, qui pourrait être entre 1% et 2,5%, et un objectif de réduction sur dix (10) ans, qui pourrait être entre 10% et 30%.
- 9.2 Limiter le développement du réseau routier ainsi que l'utilisation et l'impact de l'automobile. À moyen terme, il faudrait revoir l’ensemble des décisions concernant le développement du réseau routier. Certains projets déjà en cours devront probablement être réalisés à court terme (par exemple l'axe routier René-Lévesque recommandé par la table dialogue-citoyens). Cependant, il sera impératif de limiter l’impact généré par la construction de cette infrastructure à son minimum. Il faudra aussi revoir le développement urbain en limitant les espaces réservés à l’automobile, limitant ainsi son impact sur l'environnement. Enfin, dans la même logique, il convient de remplacer graduellement les véhicules municipaux désuets par des véhicules moins polluants.
- 9.3 Implanter une station de transfert de la STS dans l’arrondissement Rock Forest – St-Élie – Deauville. La réalisation de l'axe routier René-Lévesque doit être liée à l’implantation d’une station de transfert de la STS dans l’arrondissement Rock Forest – St-Élie – Deauville avec stationnement et liens directs avec le CHUS, le centre-ville, l’Université et le CEGEP. Le mandat donné en ce sens au nouveau Centre de la mobilité durable sera suivi de près.
- 9.4 Viser à augmenter le nombre de projets d’accès libre au transport à d’autres groupes de la population. En plus de favoriser l’accès libre au transport en commun pour toute la population étudiante des niveaux collégial et universitaire, il s'agit dans la mesure du possible de l'étendre à l'ensemble de la population. En outre, cette initiative aura pour effet de désengorger les rues de la municipalité aux heures de pointe et de promouvoir un mode de transport qui est respectueuse de l’environnement.
- 9.5 Bonifier l’offre de services et les méthodes d’établissement de la tarification en transport en commun pour répondre aux besoins de l’ensemble de la population. Une plus grande proportion du budget consacré aux transports devra être dédiée aux transports en commun. À terme, il faut amener la population à développer un sentiment de fierté d’être à l’avant-garde en ce qui a trait aux transports urbains au Québec. À cette fin, nous comptons d'ailleurs identifier les options technologiques de transport en commun qui combinent efficacité, économie d'énergie et accessibilité afin que ces options représentent un choix économique et écologique pour les citoyens et citoyennes. À ce chapitre, l'ajout d'autobus express sur les grandes artères est une option à considérer sérieusement. De plus, il faudra modifier l’approche pour rendre plus efficace et rentable la desserte dans les quartiers, par exemple en recourant à des minibus. De nouvelles entreprises pourraient voir le jour et offrir un service complémentaire plus performant au réseau d’autobus de la STS. Par ailleurs, le transport adapté devra également être amélioré. Nous devrons également réfléchir à des méthodes de tarification qui inciteront les gens à utiliser d’avantage les transports en commun. Enfin, la pertinence d’implanter des voies réservées au transport en commun devra être analysée.
- 9.6 Favoriser le covoiturage. Il convient que la ville collabore davantage avec les acteurs en transports pour mettre en place des mesures favorisant le covoiturage.
- 9.7 Soutenir la mise en place d’un centre de mobilité durable et développer les transports actifs. Dans le cadre des orientations du centre de mobilité durable, il faut privilégier l’aménagement d’un vrai réseau cyclable utilitaire, et non plus seulement récréatif, en ciblant notamment la clientèle étudiante et les générateurs de déplacements reliés à cette clientèle. De plus, il faut favoriser la marche comme mode de déplacement. Dans ce contexte, il y a lieu de proposer aux citoyens et citoyennes ainsi qu’aux organismes du centre-ville de faire de la rue Wellington une voie en partie ou en totalité piétonnière et même de créer un trajet piétonnier reliant le Lac des Nations à la rue Wellington. Ces orientations sont également l’occasion de développer des partenariats avec les entreprises et les organismes sherbrookois actifs dans le monde des transports.
- 9.8 Promouvoir le développement du transport ferroviaire. La ville de Sherbrooke doit être un leader régional dans ce dossier d'une part, en étant le maître d’œuvre de la desserte ferroviaire des villes situées à courte distance (Magog, Windsor, East-Angus) par un train léger et, d'autre part, en faisant la promotion, en collaboration avec la Conférence régionale des élus, d'une liaison ferroviaire viable entre Montréal et Sherbrooke.
- 9.9 Accorder plus d'attention au transport aérien. Il est difficile de prioriser ce secteur d’activité par rapport aux autres modes de déplacements. Néanmoins, un modèle novateur ciblant et répondant à des besoins régionaux encore inexplorés aujourd’hui pourrait être priorisé. Nous pourrions aussi privilégier une approche orientée vers une veille des opportunités vertes dans ce domaine, approche qui a de l’avenir à moyen terme. De même, la possibilité qu'il y ait des vols vers le sud à partir de Sherbrooke mérite d'être étudiée.

