Allocution Chambre de commerce
Allocution de
monsieur Bernard Sévigny
Maire de Sherbrooke
Chambre de commerce de Sherbrooke
Sherbrooke, le mardi 23 mars 2010
Madame Julie Gadbois, représentante de Serge Cardin, député de Sherbrooke
à la Chambre des communes
Monsieur Pierre McCann, représentant de France Bonsant, députée de
Compton-Stanstead à la Chambre des communes
Madame Julie Vinette, représentante de Jean Charest, député de Sherbrooke et
premier ministre du Québec
Madame Nicole Forcier, représentante de Monique Gagnon-Tremblay, députée
de Saint-François et présidente du Conseil du Trésor
Monsieur Serge Paquin, président du comité exécutif de la Ville de Sherbrooke
Mesdames Nicole Bergeron et Diane Délisle, membres du comité exécutif
Mesdames et Messieurs, membres du conseil municipal
Monsieur Serge Audet, président de la Chambre de commerce de Sherbrooke
Mesdames, messieurs de la table d’honneur
Mesdames, messieurs les membres de la Chambre de commerce de la région
sherbrookoise
Chers amis,
C’est avec grand plaisir que je prends aujourd’hui la parole devant vous. Je tiens
d’ailleurs à remercier monsieur Audet et madame Bourgault de leur aimable
invitation.
Comme vous le savez, nous arrivons ce mois-ci à un anniversaire important de
notre vie économique. En effet, c’est en mars 2009, il y a maintenant un peu
plus d’un an, que les bourses nord-américaines ont atteint leur point le plus bas.
Ainsi, l’indice de la bourse de Toronto a plongé à un plancher de 7480 points le 6
mars 2009, une baisse équivalente à une perte de 1000 milliards $ par rapport à
son sommet historique de près de 15 000 points atteint en juin 2008.
C’est la même chose pour le Dow Jones qui a atteint 6400 points en baisse de
près de 55% par rapport à son sommet historique à l’automne 2007.
Vous allez vous demander pourquoi je vous parle de Toronto et de New York
dans un discours devant la Chambre de commerce de Sherbrooke?
La raison est fort simple. Une raison que vous connaissez toutes et tous, vous
nos gens d’affaires et nos exportateurs : nous vivons dans un monde globalisé.
Laissez-moi vous parler de cet environnement mondialisé.
Nous sommes tous interreliés, interconnectés et interdépendants. Et quand une
banque d’affaires comme Lehman Brothers fait faillite à New York et menace
d’entraîner avec elle tout le système financier mondial, si l’onde de choc se fait
sentir jusqu’en Europe et en Asie, elle se fait certainement sentir chez nous à
Sherbrooke.
Les historiens et les économistes parleront probablement de l’hiver 2008-2009
comme étant celui de la grande frayeur.
Nous avons craint, et je vais remettre quelques secondes mon chapeau de
professeur d’université, un écroulement économique du type de ce que nous
avons vécu en 1929.
Je pense, en toute honnêteté que si les états n’étaient pas intervenus
rapidement et massivement, nous aurions probablement vu ce scénario se
réaliser.
Mais vous le savez, la nature fait en sorte que, quand on a le dos au mur, on ne
pense pas nécessairement au lendemain. On agit dans l’immédiat, sans analyser
les conséquences et les effets à long terme des gestes que nous posons.
En 2009, presque tous les états, grands et petits, et les paliers de
gouvernements ont lancé de vastes plans d’infrastructures et de colossaux
programmes de stimulation économique, et ce, sans regarder à la dépense.
Cela dit, je veux être bien compris, il est clair que ces gestes se justifiaient à
l’époque.
Mais aujourd’hui, la tempête est derrière nous, en tout cas je l’espère, et nous en
sommes collectivement à dresser l’inventaire des dégâts.
Et partout où l’on regarde, le spectacle n’est pas particulièrement réjouissant.
Aux États-Unis, le gouvernement fédéral est en voie de réaliser un déficit record
de 1500 milliards de dollars, ce qui va porter sa dette totale à plus 12 000
milliards.
Au Canada, les années de vaches grasses et de surplus sont déjà un souvenir
alors que le gouvernement fédéral replonge dans le rouge et a annoncé un
déficit record de 54 milliards, ce qui va porter sa dette totale, à la fin du mois de
mars 2010 à 517 milliards.
Les gouvernements locaux ne sont guère mieux lotis, l’état de la Californie (la 8e
économie mondiale, on a tendance à l’oublier) a récemment annoncé
l’échelonnement de ses remboursements d’impôts.
Au lieu d’un chèque en bonne et due forme, les citoyens recevront un bon
certifiant que le gouvernement leur doit de l’argent.
Il y a même une ville californienne de 120 000 habitants, Vallejo, qui a été
contrainte de se placer sous la loi de la protection de la faillite en mai dernier.
C’est de cette façon que l’administration municipale est parvenue à restructurer
sa dette et renégocier ses ententes avec son service de police et ses autres
employés.
Si cette crise est quasi-universelle, les réponses des états et des gouvernements
locaux sont diverses.
Aux États-Unis, dans les corridors du Congrès, on murmure que l’administration
Obama jonglerait avec l’idée d’une taxe de vente, un peu sur le modèle de la TPS
canadienne.
À Québec, il semble que le gouvernement a fait son lit, il a déjà annoncé une
première augmentation de la TVQ de 1%, certains pensent que cette annonce
sera suivie d’une seconde augmentation de possiblement un autre point, ce qui
consacrerait la récupération complète par Québec des deux points de TPS
abandonnés par le gouvernement Harper.
Une large partie de cette fragilisation des finances publiques est liée à la volonté
de tous les paliers de gouvernement de combattre la crise par une série de
mesures, incluant des investissements extrêmement importants dans les
infrastructures. Nous en avons d’ailleurs profité.
À une échelle plus modeste, dans notre ville nous n’avons pas été en reste, nous
menons de front plusieurs travaux d’infrastructures majeurs. D’ailleurs, le
quotidien La Tribune a fait état des importants travaux sur le territoire de
Sherbrooke dans son édition de samedi dernier.
Je vous parle notamment de la construction d’un tout nouveau poste de police
au coût de 22 millions, d’un centre de foires au coût de 17,5 millions, de
réinvestissement en infrastructures pour le Service de protection contre les
incendies d’un peu plus de 7 millions et bien sûr, comment pourrais-je l’oublier,
le dernier et non le moindre, la déconstruction et la reconstruction complète du
pont Montcalm, au coût de 11 millions.
Entendons-nous bien. Nous n’assumons pas 100% des coûts de tous ces
travaux, plusieurs de ces chantiers seront réalisés par le biais de programmes à
frais partagés, cependant, nous consentons un effort absolument colossal par
rapport à nos moyens financiers.
Ces efforts ne sont pas vains ou frivoles, ils nous permettront d’améliorer la
sécurité de nos concitoyens et concitoyennes et de leur offrir de meilleurs
services. Mais pour nous comme pour les gouvernements supérieurs, l’heure des
comptes a sonné.
Si l’on ajoute à ces sommes les importants déficits actuariels des caisses de
retraites de nos employés, 4,6 millions par année, des déficits que la loi nous
demande de combler, nous en arrivons à un tableau financier extrêmement
préoccupant.
Dans le cas de la Ville de Sherbrooke, la situation est simple, si la tendance
actuelle se maintient, il nous aurait manqué 18,5 millions pour boucler le budget
2011.
Avec les décisions que nous avons déjà prises dans le cadre du lac-à-l’épaule des
élus, cette somme a été ramenée à 8,5 millions, voilà la situation à laquelle nous
sommes confrontés aujourd’hui.
Plusieurs personnes ont simplement suggéré de refiler la facture telle quelle aux
contribuables.
Je vous avoue que je suis loin d’être enthousiasmé par une telle perspective.
C’est pourquoi, avant de demander aux contribuables de Sherbrooke de passer
l’éponge sur ce manque à gagner, nous devons faire le ménage dans notre
propre cours et nous interroger sur nos propres pratiques, nos propres services
et la façon dont nous les livrons.
Quand notre nouvelle ville a été créée en 2002, elle comptait un peu moins de
1000 postes permanents et fonctionnait avec un budget de 155 millions.
Aujourd’hui, 8 ans plus tard, la ville compte 1203 postes permanents et opère
avec un budget de 238 millions.
Évidemment, avant d’accuser l’administration précédente de laxisme et nos
cadres supérieurs de complaisance, on va se garder une petite gêne et se
rappeler qu’il faut être prudent et ne prendre en compte que ce qui nous
appartient réellement, à nous comme administration municipale, dans cette
augmentation des dépenses.
Le transfert de responsabilités effectué par le gouvernement du Québec au cours
des dernières années a eu des effets extrêmement déstabilisants sur notre
équilibre budgétaire.
Je pense notamment au schéma de couverture de risque en incendie par le biais
duquel nous avons été contraints d’augmenter et d’améliorer la couverture sur le
territoire de la nouvelle ville, des obligations qui ont entraîné des dépenses
récurrentes de l’ordre de 6 millions de dollars annuellement.
Et ce n’est pas fini! Dans l’actuelle tourmente qui touche le monde municipal en
général et la ville de Montréal en particulier, le gouvernement du Québec a
adopté la loi 76 sur les processus d’attribution de contrats et s’apprête à adopter
la loi 78.
Ces deux législation vont bureaucratiser à l’extrême plusieurs de nos processus
municipaux et vont vraisemblablement nous contraindre à embaucher beaucoup
d’employés permanents supplémentaires.
Je me suis rendu à Québec mercredi dernier pour demander en commission
parlementaire que le gouvernement nous accorde les outils nécessaires pour
nous permettre d’atteindre leurs objectifs.
Je vous avoue que je ne fait pas beaucoup d’illusions sur le résultat final, mais
nous aurons à tout le moins fait notre effort à cet égard.
En plus de ces éléments de nature législative, nous faisons face aux mêmes
menaces que les gens d’affaires et les citoyennes et citoyens de Sherbrooke.
D’entrée de jeu, je pense que nous convenons tous et toutes que les taux
d’intérêts ne peuvent qu’augmenter.
En ce moment, nous payons un taux d’intérêt de 0,73% sur une bonne partie de
la dette de la ville, comprenons-nous bien, nous n’entretenons aucune illusion
sur le maintien indéfini de tels taux de financement de notre dette.
Éventuellement, nous allons devoir recourir à des moyens plus traditionnels de
financement, c’est-à-dire des obligations sur lesquelles le taux d’intérêt est plus
élevé.
L’autre grande menace sur les finances municipales, c’est le coût du carburant.
Évidemment, quand on opère une société de transport comptant une centaine
d’autobus, le coût du carburant est une variable absolument cruciale.
La ville de Sherbrooke administre une flotte qui compte plus de 600 véhicules de
toutes sortes, voitures de police, camions de pompiers, camions de déneigement,
véhicules de voirie, d’Hydro-Sherbrooke, etc…
Vous comprendrez qu’un litre d’essence à 1,50 $ comme c’était le cas à l’été
2008, c’est une éventualité extrêmement préoccupante pour nous.
La situation financière de notre ville est donc fragile et préoccupante, huit ans
après la fusion, l’heure est maintenant venue de nous requestionner
collectivement sur notre organisation municipale et le niveau de service que nous
pouvons et voulons offrir à nos citoyens et citoyennes.
Il faudra répondre à des questions comme les suivantes :
- en avons-nous pour notre argent partout dans chacun de nos services?
- sommes-nous en mesure de soutenir une croissance des dépenses de
cette envergure encore longtemps?
- comment se fait-il que nous sommes contraints d’utiliser les surplus
d’Hydro-Sherbrooke pour payer nos dépenses courantes alors que la
plupart des autres villes parviennent à offrir des services relativement
comparables aux nôtres sans disposer de tels revenus?
Nous devons répondre ou au moins tenter de répondre à ces questions. C’est
pourquoi j’ai annoncé la semaine dernière que nous allons lancer un vaste
chantier de révision des dépenses de la ville de Sherbrooke. J’ai entendu le
message de la Chambre de commerce.
Ce chantier sera piloté par un groupe de travail. Le mandat de ce comité sera
très large. Le but est de réviser le fonctionnement de la Ville de Sherbrooke, et
ce, par activités. Idéalement, l’objectif n’est pas de couper une demi-patte à
chaque chaise autour de la table et d’avoir un mobilier de salle à manger qui
branle de partout, mais plutôt de savoir si nous avons besoin d’avoir toutes ces
chaises autour de la table et de vérifier si nous ne pouvons pas délaisser
certaines activités.
Quelques mots maintenant, si vous voulez bien, concernant nos enjeux de
développement économique. Notre ville dispose d’atouts uniques qui font en
sorte que Sherbrooke devrait être une des villes les plus prospères, sinon la ville
la plus prospère au Québec.
En matière de développement, tout en continuant à soutenir nos entreprises
manufacturières et en les aidant à prendre le virage de l’innovation et à amortir
les effets d’un dollar à parité avec la devise américaine, nous allons poursuivre
notre effort de développement de nos filières-clés qui sont identifiées dans le
plan d’action de Sherbrooke Innopole.
Permettez-moi, à cet égard, de réitérer mon appui à monsieur Pierre Bélanger
dans la mise en oeuvre de son plan d’action.
Pour ma part, j’entends y contribuer et participer au processus, notamment en
abordant le défi de notre développement économique sous l’angle de la
stratégie, en m’appuyant sur le caractère unique de notre ville, nos forces
distinctives, telles nos grandes institutions.
Par exemple, nous sommes une des deux seules villes au Québec à bénéficier
sur notre territoire, d’un réseau d’éducation intégré dans les deux langues, et ce,
de la maternelle à l’université.
Il s’agit d’un atout extraordinaire pour attirer des entreprises, des investisseurs,
des cadres et des professionnels de haut niveau.
De plus, nous avons sur notre territoire le centre hospitalier universitaire le plus
performant que l’on retrouve au Québec, nous avons également le plus
important centre de formation professionnelle, des collèges de haut niveau et
deux excellentes universités.
Ces institutions génèrent des revenus colossaux en recherche, permettent de
démarrer de multiples entreprises et attirent chez nous des dizaines de milliers
d’étudiantes et d’étudiants qui viennent de partout au Québec et d’ailleurs. Elles
forment également des milliers de travailleurs qualifiés, que ce soit en formation
professionnelle, en formation technique dans nos collèges ou en formation
universitaire.
Dans un contexte de pénuries appréhendées de main d’oeuvre, c’est un avantage
comparatif extraordinaire, un avantage sur lequel nous devons capitaliser.
En plus de pouvoir compter sur cette extraordinaire masse critique d’institutions
d’éducation et d’enseignement supérieur, nous disposons d’un autre avantage
extrêmement important : un milieu de vie magnifique, au confluent de deux
rivières.
Dites-moi, en connaissez-vous beaucoup de villes qui abritent sur leur territoire
un plan d’eau en plein centre-ville ainsi qu’une montagne?
Notre ville est magnifique est nous avons toutes les raisons d’en être fiers.
Alors pourquoi notre ville n’est-elle pas la plus prospère, la plus enviée et la plus
reconnue au Québec?
Pourquoi nous comparons-nous à Saguenay et à Trois-Rivières, voire à
Drummondville ou à Granby alors que nous disposons d’une population plus
nombreuse, de deux universités, trois collèges, d’un centre hospitalier
universitaire et de toute une extraordinaire panoplie d’atouts qu’aucune de ces
villes ne possède? Pourquoi ne parle-t-on pas des trois grandes villes du
Québec : Montréal, Québec et Sherbrooke?
Votre réponse vaut la mienne, mais j’en ai une à vous proposer. Nous sommes
collectivement ralentis et freinés par une culture de silos, quand ce n’est pas une
culture de clochers et de clans, et ce, dans trop de domaines.
Nous savons tous que le sectarisme politique, les rivalités économiques et les
conflits internes rongent l’efficacité des acteurs sur le terrain, nos querelles nous
ont fait perdre notre temps et ont miné notre capacité de déployer nos ailes et
d’atteindre la place qui est la nôtre, celle de première ville au Québec, et ce, tant
au niveau de la prospérité que de la qualité de vie.
Dans mon propre secteur, le domaine de la politique municipale, le clivage a
longtemps été évident. On transpose les débats que l’on retrouve à d’autres
paliers de gouvernement. Les machines politiques fédérales et provinciales
s’affrontent par candidats interposés et les conséquences perdurent après
l’élection, généralement pendant 4 ans.
Dans mon esprit, il faut être capable de transcender ces différences et de
dépasser nos méfiances et nos atavismes si nous voulons réaliser notre potentiel.
C’est d’ailleurs dans cet esprit que j’ai formé, en 2007, un parti politique, une
formation qui est ouverte tant aux bleus qu’aux rouges afin qu’ils puissent
travailler côte à côte ensemble, à faire avancer leur ville et leur communauté, et
ce, sans renier leur allégeance par rapport à d’autres questions.
Tant au niveau du choix des candidats et candidates de notre parti qu’au niveau
du choix ultérieur des membres du comité exécutif et des directions des divers
comités, je me suis attaché à dépasser ces modèles pour nommer les personnes
les plus compétentes.
Pour avoir du succès, nous devons sortir du paradigme des couleurs politiques.
Personnellement, les seules couleurs qui m’intéressent, ce sont celles du progrès,
de l’efficacité et du succès.
Ce dont nous avons besoin à Sherbrooke, c’est sortir de cette logique et entrer
dans une ère d’unité, de cohésion et de cohérence.
J’ai tenté de briser ce que je considère comme étant le moule malsain du
sectarisme politique. Je souhaite actuellement d’introduire plus de cohésion dans
un autre domaine de la vie municipale qui a bien besoin d’unité et de cohérence,
celui du développement commercial de notre ville.
Lors de la dernière campagne électorale, je m’étais engagé à doter la Ville de
Sherbrooke d’une vision stratégique du développement commercial et d’un
observatoire commercial.
Nous allons donc miser sur l’expertise de la Corporation de développement du
Centre-ville en redéfinissant son mandat et en adaptant sa structure et son
action à l’ensemble du territoire de la Ville de Sherbrooke.
Le 21 décembre 2009, le conseil municipal, dans le cadre de l’adoption de son
budget d’opération, accordait à la nouvelle corporation des ressources
additionnelles pour mener à bien cet engagement.
Prenant acte de la volonté du conseil municipal, le conseil d’administration de la
Corporation a décidé de former un comité de travail composé d’élus, de gens
d’affaires et de citoyens afin de revoir d’ici l’été, la gouvernance, le mandat et
l’organisation des ressources humaines et financières de l’organisme.
Je tiens ici à souligner l’engagement du président de la Chambre de commerce
de Fleurimont; monsieur Michel Tessier et du président de la Chambre de
commerce de Sherbrooke; monsieur Serge Audet de travailler ensemble au
succès du comité de travail. Comme le dit un proverbe africain « Seul, on va plus
vite; ensemble, on va plus loin ».
Depuis peu, la Corporation s’affaire à mettre sur pied d’ici l’automne, un
observatoire commercial.
Cet outil nous permettra non seulement d’avoir une bonne connaissance de notre
structure commerciale, mais également de mieux gérer son évolution dans
l’espace et dans le temps.
D’ici quelques semaines, l’ensemble des places d’affaires seront visitées par cette
équipe afin de valider certaines informations. Je remercie d’avance la
communauté d’affaires de sa collaboration.
Le troisième chantier où je souhaite introduire un peu plus de cohésion et sortir
des fameux silos dont on parle tant, c’est le domaine du développement
récréotouristique.
Nous avons, au cours de dernières années, multiplié les organismes qui
interviennent de près ou de loin dans le domaine récréotouristique : Tourisme
Sherbrooke, la corporation Cité des Rivières, CHARMES, Animation Centre-ville et
bientôt le Centre de Foires de Sherbrooke.
Chacun de ces organismes dispose de sa propre charte constitutive, d’un conseil
d’administration (ou d’un comité consultatif) et de mandats qui, sans se
dédoubler, tendent à s’entrecouper, à se chevaucher quelque peu.
Dans ce domaine comme dans d’autres, chacun fait, avec beaucoup de
compétence et d’engagement, son travail. Cela étant dit, c’est notre intention
d’introduire davantage de cohérence et une meilleure synergie entre les acteurs.
Progressivement, Sherbrooke est en train de se positionner sur l’échiquier
touristique québécois, c’est pourquoi, avec les divers gestes que le conseil
municipal a posés, nous avons besoin d’introduire davantage de cohésion pour
faire face aux nouveaux défis qui se dressent devant nous.
Nous avons mis une équipe au travail qui va procéder à l’analyse des mandats et
du fonctionnement de chacun des organismes afin qu’elle nous propose un
modèle de regroupement qui va nous permettre d’agir de manière unifiée et plus
efficace.
Notre intention est claire, nous voulons offrir aux Sherbrookoises, aux
Sherbrookois et aux visiteurs une « ville verte » disposant de sites et de lieux à
protéger, nous devons les mettre en valeur maintenant pour que, dans 20, 40 et
60 ans, les générations futures nous remercient de la vision que nous mettons
en oeuvre aujourd’hui.
Nous avons donc, collectivement, bien des défis. Un défi fiscal tout d’abord, mais
aussi des défis de cohérence et de vision de notre développement. Vous savez,
notre ville est au 6e rang de part sa population, mais elle est en réalité la 3e
agglomération après Montréal et Québec.
Et sa vraie place, celle qui lui revient et que nous devons lui donner, c’est d’être
la 1ère ville au Québec, la première pour la qualité de vie, la première pour la
qualité, la quantité et la diversité des emplois que l’on y trouve.
La première aussi en matière de savoir, la première en matière de richesse
collective, la plus belle, la plus prospère et pour y arriver, nous allons devoir
travailler ensemble et je sens cette volonté de le faire, je perçois ce désir de
secouer le carcan des mentalités de clocher pour amener notre ville à sa vraie
place, la première.
Merci beaucoup et bonne soirée à tous et à toutes.

